Services de lutte contre les feux de forêt

Pour en savoir plus sur les feux de forêt

Science du feu

Le Service d’aménagement forestier du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) cherche des occasions de transférer, d’adopter, d’adapter ou de développer des outils techniques appropriés qui complémenteraient leur mandat en matière environnementale.

Le Service d’aménagement forestier facilite l’élaboration, l’adoption et la diffusion rapides de recherches scientifiques et de pratiques exemplaires en matière d’incendies pour soutenir la gestion des incendies par le GTNO et la prise de décisions importantes en matière d’aménagement, de politiques et d’investissements dans le domaine forestier.

Le Service d’aménagement forestier a pour but :

  • de faire preuve de leadership au chapitre des avancées scientifiques et techniques en matière d’incendies;
  • d’accroître l’intégration de la science et de la technique à la prise de décisions dans la gestion des incendies;
  • de mettre l’accent sur le transfert de l’information et des outils techniques;
  • d’utiliser les connaissances scientifiques et traditionnelles pour recenser et atténuer les risques de feu de forêt;
  • de promouvoir les projets de collaboration;
  • de soutenir le partage d’expériences et d’information.

Projets

Comportement du feu

Qu’est-ce qui alimente les feux de forêt?

Trois éléments sont requis pour qu’un incendie se déclenche et continue de brûler :

  • combustible (bois, broussailles, lichen);
  • oxygène (de l’air);
  • source d’inflammation (chaleur apportée par la foudre ou par l’homme).

Si l’un de ces trois éléments est absent, il ne peut y avoir d’incendie. En conséquence, le principe de base de la lutte contre les feux de forêt consiste à éliminer un ou plusieurs de ces éléments de la façon la plus rapide et la plus efficace qui soit.

Pourquoi les feux de forêt se propagent-ils?

The primary factors that influence the spread of fires are:

Les principaux facteurs qui ont une incidence sur la propagation des incendies sont les suivants :

  • matériaux combustibles;
  • conditions météorologiques;
  • topographie.

Matériaux combustibles

Matériaux combustibles légers, de petite taille ou à combustion rapide

Herbe sèche, feuilles mortes et aiguilles, broussailles et petits arbres. Les matériaux combustibles légers s’enflamment rapidement et entraînent la propagation rapide du feu. Ils servent de catalyseur pour les matériaux combustibles plus lourds et s’épuisent plus rapidement. Certains matériaux combustibles verts, comme les aiguilles d’arbres, ont une forte teneur en huile et brûlent rapidement lorsqu’ils ne sont pas en phase de croissance.

Matériaux combustibles lourds, de grande taille ou à combustion lente

Billes, souches, branchage et couverture végétale profonde (la terre végétale ou les feuilles et les aiguilles d’arbres partiellement décomposées que l’on trouve sous des peuplements denses de broussailles ou d’arbres). Les matériaux combustibles lourds prennent plus de temps à s’enflammer, affichent une propagation des flammes plus lente, brûlent plus longtemps et dégagent de grandes quantités de chaleur lorsqu’ils sont secs.

Chicots

Les chicots frappés par la foudre peuvent parfois être la cause d’incendies de forêt, en particulier s’ils sont laissés à brûler ou à la traîne sur le sol sans évaluation de suivi ou extinction.

En raison des risques de chute particuliers posés par les chicots en flammes, cette tâche doit être confiée à des abatteurs certifiés en abattage des arbres dangereux. Tous les arbres en feu sont considérés comme suspects et doivent être évalués correctement.

Lorsque des chicots brûlent de l’intérieur, il peut être souhaitable d’éteindre l’incendie avant de procéder à l’abattage, car la chute de l’arbre peut augmenter la quantité d’oxygène disponible pour le feu et raviver celui-ci. Si les équipes doutent d’avoir suffisamment de ressources pour maîtriser l’incendie une fois que le chicot en feu aura touché le sol, elles doivent alors laisser l’arbre en place et établir autour de l’arbre un périmètre approprié dans lequel les travaux seront interdits. L’arbre doit par la suite faire l’objet d’une surveillance régulière, jusqu’à ce qu’il tombe et que l’incendie soit complètement éteint.

La facilité d’inflammation et la vitesse de combustion sont fonction de la taille des matériaux combustibles.

Espacement

L’espacement des matériaux combustibles correspond à leur répartition dans une zone donnée.

La continuité de la répartition des matériaux combustibles est un facteur important dans le comportement du feu, car elle indique à quelle vitesse et pourquoi un incendie peut se propager.

Un vaste éventail de situations de continuité dans la répartition des matériaux combustibles sera observé dans la plupart des zones boisées. Toutefois, pour simplifier la détermination du comportement du feu, deux grandes catégories d’espacement des matériaux combustibles seront examinées, à savoir l’espacement horizontal et l’espacement vertical.

L’espacement horizontal est l’espacement des matériaux combustibles lorsqu’ils reposent sur le sol. Lorsque les matériaux combustibles sont rapprochés, le feu se propage plus rapidement.

Lorsque les matériaux combustibles sont répartis de façon inégale, dispersés ou séparés par des obstacles naturels tels que des rochers, des affleurements, des cours d’eau ou des zones de sol nu, l’incendie sera irrégulier et se propagera plus lentement.

Dans la lutte contre les incendies, on a couramment recours à une méthode qui consiste à rompre la continuité de la répartition des matériaux combustibles en séparant les matériaux enflammés de ceux qui ne le sont pas.

Lorsque les matériaux combustibles sont étroitement espacés sur le plan vertical, le feu se propagera rapidement, car les matériaux auront été préchauffés avant de s’embraser. Lorsque les matériaux combustibles sont fortement espacés à la verticale les uns des autres, la chaleur ne sera pas suffisante pour enflammer les matériaux situés plus haut.

Quantité

Plus la quantité de matériaux inflammables augmente dans une zone donnée, plus la quantité de chaleur produite par le feu augmente.

Les incendies les plus chauds, et aussi les plus difficiles à maîtriser, se produisent dans des zones contenant une très grande quantité de matériaux combustibles.

Au moment de l’évaluation du volume de matériaux combustibles, il convient de se rappeler que l’observation d’un grand nombre de matériaux combustibles de petite taille, tels que du bois mort fin, signifie que beaucoup de matériel servira à allumer d’autres matériaux combustibles.

Un grand nombre de matériaux de petite ou grande taille signifie qu’il y a de fortes chances que l’incendie dégage beaucoup de chaleur. Lorsqu’un incendie se déclenche dans une zone contenant beaucoup de matériaux de grande taille, un transfert de chaleur intense se produit vers les matériaux combustibles qui se trouvent dans la trajectoire de l’incendie.

Conditions météorologiques

Les conditions météorologiques sont l’un des facteurs ayant le plus d’incidence sur le comportement d’un incendie. Les trois composantes les plus importantes des conditions météorologiques sont :

  • l’énergie du vent;
  • la température;
  • l’humidité.

Énergie du vent

Plus le vent est fort, plus la propagation de l’incendie sera rapide. Le vent crée un apport d’air supplémentaire pour le feu. Il couche les flammes qui préchauffent les matériaux combustibles situés en avant et déclenche des incendies ponctuels en projetant des étincelles et des braises en avant du feu principal, vers de nouveaux matériaux combustibles.

Pendant le jour, les vents soufflent généralement de façon ascendante (à une vitesse de 8 à 16 kilomètres à l’heure) du fait que l’air réchauffé par le soleil monte. La nuit, ils s’inversent et soufflent vers le bas, car l’air frais de la nuit descend. La nuit, le vent n’est généralement pas aussi fort que le jour.

Lorsque vous planifiez l’attaque d’un incendie, vous devez vérifier attentivement la direction des vents de canyon et de pente. Les courants d’air remontent les canyons et les pentes le jour et les descendent la nuit.

Autres caractéristiques du comportement du vent dont il faut tenir compte :

  • les vents dominants soufflent généralement de la fin de la matinée à la fin de l’après-midi et peuvent atteindre de 15 à 30 km à l’heure ou plus au milieu de l’après-midi;
  • la présence de cumulus peut indiquer un changement possible de la vitesse et de la direction du vent;
  • les vents partent généralement des bords des formations orageuses et peuvent atteindre une vitesse de 115 km à l’heure;
  • les vents soufflant par rafales sont très dangereux pour les pompiers, car ils changent rapidement de vitesse et de direction.

Température

Les matériaux combustibles préchauffés par le soleil brûlent plus rapidement que les matériaux combustibles froids. La température du sol a également une incidence sur le mouvement des courants d’air, comme on l’a expliqué précédemment. Des températures élevées qui se maintiennent pendant une période prolongée auront également des répercussions sur l’endurance et l’efficacité des pompiers.

Humidité

L’air contient de la vapeur d’eau. La mesure des quantités de vapeur d’eau présentes dans l’air s’appelle humidité et est toujours exprimée en pourcentage.

L’air chaud absorbe plus de vapeur d’eau et affiche une humidité moins élevée. Au fur et à mesure que l’air se refroidit, l’humidité augmente. La quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air a une incidence sur la quantité de vapeur d’eau contenue dans les matériaux combustibles. Il s’agit d’un facteur important dans la lutte contre les incendies, car les matériaux combustibles humides et la plupart des matériaux combustibles verts ne brûleront pas librement. L’air est généralement plus sec le jour que la nuit. Les incendies sont donc moins intenses la nuit, dans des conditions normales, du fait que les matériaux combustibles absorbent la vapeur d’eau de l’air humide de la nuit.

Cela explique en partie pourquoi les incendies échappent à tout contrôle l’après-midi et peuvent pourtant être maîtrisés par la même équipe la nuit. Tout doit être mis en œuvre pour maîtriser les incendies avant que les conditions de combustion ne s’aggravent le lendemain. En Colombie-Britannique, l’objectif de tous les pompiers est de maîtriser ou d’éteindre les incendies au cours de la première période de combustion.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tenter d’éteindre les incendies pendant la journée. La plupart des incendies sont maîtrisés pendant la journée. Si un incendie ne peut pas être maîtrisé pendant la journée, il faudra tout mettre en œuvre pour y parvenir pendant la nuit.

Topographie

La « configuration du terrain » s’appelle topographie. Il s’agit d’un facteur déterminant de la vitesse et de la direction de propagation des incendies qui se divise généralement en trois catégories :

  • pente;
  • orientation;
  • terrain.

Pente

La pente est l’inclinaison du terrain et est le facteur qui a la plus forte incidence sur le comportement de l’incendie.

L’inclinaison de la pente influence à la fois la vitesse et la direction de propagation de l’incendie. Les incendies montent généralement plus rapidement une pente qu’ils ne la descendent, et plus la pente est raide, plus l’incendie progresse rapidement. Cela est dû au fait que :

  • en montée, les flammes sont plus proches des matériaux combustibles;
  • les matériaux combustibles deviennent plus secs et s’enflamment plus rapidement que s’ils étaient sur un terrain horizontal;
  • les courants de vent sont normalement en ascension, ce qui tend à pousser les flammes et la chaleur vers de nouveaux matériaux combustibles;
  • la chaleur transférée par convection monte le long de la pente et crée un courant d’air qui augmente encore la vitesse de propagation;
  • des braises et des morceaux de matériaux combustibles en feu peuvent dévaler la pente et entrer en contact avec des matériaux combustibles non brûlés, ce qui accélérera la propagation et allumera de nouveaux feux.

Orientation

L’orientation est la direction à laquelle le terrain fait face - nord, sud, est ou ouest. L’orientation des pentes joue sur le comportement des incendies de plusieurs manières :

  • les terrains orientés vers le sud reçoivent plus de chaleur directe du soleil, ce qui assèche à la fois le sol et la végétation;
  • les matériaux combustibles sont généralement plus secs et moins denses sur les versants sud que sur les versants nord;
  • la chaleur du soleil engendre des vents de pente qui commencent à souffler plus tôt et qui sont plus forts;
  • sur les pentes exposées au sud, on observera normalement des températures plus élevées, des vents plus forts, une humidité moins élevée et des matériaux combustibles plus secs.

Les conditions susmentionnées sont celles requises pour le déclenchement et la propagation rapides d’un incendie.

Terrain

Le terrain ou les caractéristiques particulières du sol peuvent avoir une incidence sur les vents dans les zones relativement vastes. Le vent circule comme de l’eau dans un ruisseau et essayera d’emprunter le parcours qui offre le moins de résistance.

Foudre

Aux Territoires du Nord-Ouest, la plupart des feux de forêt sont déclenchés par la foudre. Les incendies causés par la foudre peuvent détruire le bois d’œuvre, des produits forestiers, de l’équipement et des structures, mais ils font aussi partie intégrante de l’écosystème.

Le Réseau canadien de détection de la foudre est composé d’un ensemble de capteurs de foudre qui assurent une couverture complète du territoire. Les Services de lutte contre les feux de forêt paient une redevance annuelle pour avoir accès aux données recueillies en temps réel. Le réseau peut détecter plus de 90 % de tous les foudroiements qui surviennent aux Territoires du Nord-Ouest.

Foudroiement à Yellowknife, TNO. Référence photographique : NNSL
Foudroiement à Yellowknife, TNO. Référence photographique : NNSL

Pour recueillir les données, les capteurs de foudre détectent et enregistrent en continu tous les foudroiements touchant le sol au fur et à mesure qu’ils se produisent. Après triangulation, les données sont envoyées à un grand ordinateur central. Le tout se déroule en environ 60 millisecondes. L’information est ensuite envoyée à la Division de l’aménagement des forêts.

Une fois reçues, la latitude et la longitude, l’heure et la polarité du foudroiement sont transférées dans une base de données et peuvent être utilisées pour tracer des cartes élaborées par ordinateur. Le personnel responsable des feux de forêt peut alors vérifier les points touchés par la foudre afin de détecter de nouveaux incendies et d’affecter les ressources plus efficacement.

La foudre peut frapper presque n’importe où (jusqu’à 15 kilomètres d’une cellule orageuse) et n’est donc pas affectée par la pluie. Une foudre sèche peut également se produire; elle représente une source d’inflammation puissante du fait qu’il n’y a pas assez d’humidité pour empêcher le déclenchement ou la propagation de l’incendie. Vous trouverez plus d’informations les mesures de sécurité à prendre pour votre famille en cas de foudre sur le site Web d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).

Pour connaître les zones les plus à risque d’être frappées par la foudre, consultez la Carte canadienne du risque de foudre d’ECCC.

Ressources