Contrôle de la teneur en arsenic résiduel dans la région de Yellowknife

Évaluation des risques pour la santé humaine

Arsenic résiduel : évaluation des risques pour la santé humaine

Des membres du public, de gouvernements autochtones et d’organisations autochtones ont exprimé leur inquiétude quant aux effets de l’arsenic sur leur santé. Le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (MERN) du GTNO, en partenariat avec Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada des TNO, ont procédé à une évaluation des risques pour la santé humaine (ERSH).

Qu’a-t-on mesuré dans le cadre de l’ERSH?

L’objectif de l’ERSH était de mesurer l’exposition potentielle et d’évaluer les risques pour la santé des personnes vivant dans des chalets ou des maisons aux abords des lacs intérieurs de la région, ainsi que des personnes pratiquant des activités traditionnelles et récréatives autour de Yellowknife, Ndilǫ et Dettah. Comme l’exposition à l’arsenic peut causer des cancers, le risque d’en développer un a été mesuré par rapport aux concentrations d’arsenic dans le sol, la poussière intérieure, l’eau, les sédiments et les aliments traditionnels de la région, qui étaient supérieures aux concentrations naturelles normales. Les chercheurs de l’étude, avec la contribution des intervenants, gouvernements et organisations autochtones, ont déterminé que l’arsenic et l’antimoine étaient les principaux contaminants à mesurer dans cette étude. Par ailleurs, à la demande du MSSS, le mercure a également été pris en compte.

Quel lien y a-t-il entre l’ERSH portant sur l’arsenic résiduel et les études antérieures sur la santé humaine et environnementale?

L’ERSH a été élaborée à partir des informations tirées de l’évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement (ERSHE) effectuée pour le projet d’assainissement de la mine Giant. En d’autres termes, les risques associés aux activités récréatives et sur les terres ancestrales ont été ajoutés aux risques précédemment déterminés dans le cadre de l’ERSHE pour les personnes vivant à Yellowknife, Ndilǫ et Dettah. Les résultats de cette ERSH reflètent les risques liés au fait de vivre à Yellowknife, Ndilǫ ou Dettah et les risques supplémentaires associés aux personnes qui utilisent des zones situées à l’extérieur de leurs collectivités pour des activités récréatives et traditionnelles.

Les expositions à court terme découlant d’activités récréatives comme la chasse, la récolte de plantes, la course, la randonnée pédestre et la natation ont été étudiées. L’exposition découlant de la consommation de poissons et d’eau potable provenant de lacs intérieurs dans la région a également été prise en compte. On a étudié l’exposition à long terme durant toute l’année des résidents vivant près des lacs intérieurs ou les utilisant, notamment les lacs Vee, Landing, Ryan, Walsh, Banting, Prosperous, Madeline, Pontoon, Prelude et River. Une aire d’usage traditionnel des terres a été délimitée dans un rayon de 25 km au sud-est de la mine Giant; cette aire est actuellement utilisée par des peuples autochtones.

Résultats

Selon les résultats, l’exposition à l’arsenic et les risques de développer un cancer des suites de cette exposition sont faibles.

Des risques faibles sont comparables à ceux associés aux interventions médicales comme les radiographies annuelles chez le dentiste ou le passage d’une tomographie par ordinateur.

Aires récréatives

  • Le risque est très faible pour les personnes qui vivent à Yellowknife, Ndilǫ et Dettah et qui utilisent les aires de loisirs de tous types dans la région à l’étude et au-delà de cette zone. Les activités pratiquées comprennent la pêche, la chasse, la cueillette de baies et d’autres aliments, la natation, la navigation de plaisance, la randonnée et le camping.
  • Le risque est très faible pour les personnes qui vivent aux abords des lacs intérieurs, par exemple les lacs Vee, Landing, Ryan, Walsh, Banting, Prosperous, Madeline, Pontoon, Prelude et River, et qui consomment des aliments traditionnels de la région.
  • En dehors de la zone de 10 km autour des deux mines, on peut consommer les champignons, sauf ceux de la famille Tricholomataceae, y compris le tricholome à grand voile (matsutake), les champignons clitocybes et l’armillaire pesant. Ces champignons ne doivent pas être consommés dans un rayon de 25 km autour des mines Giant et Con. Toutefois, à une distance de 25 km et plus, il est possible de consommer ces champignons sans danger, à condition qu’ils soient correctement identifiés. Les consignes sont les mêmes pour la récolte de Inonotus obliquus (chaga).

Aires d’usage traditionnel des terres

Les risques sont faibles pour les populations autochtones locales dont le mode de vie traditionnel comprend la chasse, la pêche et la cueillette dans la zone à l’étude et la pêche dans le grand lac des Esclaves. Les aliments traditionnels récoltés localement sont une alternative saine, et souvent préférable, aux aliments des supermarchés. Les activités suivantes représentent un risque très faible :

  • Manger du poisson provenant des lacs intérieurs et du Grand lac des Esclaves dans la zone d’étude, y compris leurs yeux, leur peau et leur couche de graisse, ainsi que leurs organes.
  • Manger des baies provenant de la région de Yellowknife. Toutefois, il est toujours recommandé de cueillir les baies dans un rayon de plus de 10 km des anciennes mines Giant et Con. 
  • Manger de petits mammifères, des oiseaux terrestres comme le tétras ou le lagopède, et la sauvagine dans la région de Yellowknife.
  • Manger du poisson qui a séjourné dans la rivière Baker Creek ne pose pas de risque pour la santé. Les gens peuvent manger en toute sécurité l’ombre de l’Arctique capturée dans la région de Yellowknife et dans le Grand lac des Esclaves.

Analyse supplémentaire

Baignade

Certains se sont montrés inquiets au sujet de la nage et de la baignade sur les rivages de Ndilǫ et de l’île Latham, et sur la plage du lac Long. Selon les résultats de l’ERSHE, ces activités présentent un risque très faible et peuvent continuer à être pratiquées en toute sécurité. Toutefois, les enfants ne doivent pas mettre de la boue ou des sédiments dans leur bouche.

Mercure

Le MSSS du GTNO a déterminé que le mercure était un constituant d’intérêt pour le poisson et a demandé à ce qu’il soit évalué dans le cadre de l’ERSH. Parmi les échantillons étudiés, les concentrations de mercure dans les poissons de tous les lacs intérieurs étaient inférieures à la limite maximale de Santé Canada, qui est de 0,5 mg/kg en poids humide, sauf dans un échantillon provenant d’un gros spécimen de grand brochet du lac Mason et 14 des 18 échantillons de grands brochets du lac Martin inférieur. Tous les grands corégones du lac Martin inférieur contenaient des concentrations inférieures à la limite maximale de Santé Canada. Le MSSS du GTNO a diffusé un avis sur la consommation du grand brochet provenant du lac Martin inférieur.

Travailleurs sur la route Ingraham Trail

À la demande du ministère de l’Infrastructure du GTNO, une évaluation distincte a également été réalisée pour évaluer les risques pour les travailleurs en extérieur le long de la route 4 (Ingraham Trail), entre Yellowknife et la rivière Yellowknife. Les résultats nous indiquent que ces travailleurs ne courent pas de risque d’exposition à l’arsenic. Cela dit, ils doivent toujours suivre des pratiques de travail sûres, notamment en portant de l’équipement de protection individuelle standard et en utilisant de l’équipement de sécurité.