Caribou de la toundra

Gestion des loups

Le GTNO et le gouvernement tłı̨chǫ ont élaboré une proposition conjointe pour la gestion des loups dans la région du Slave Nord afin de lutter contre le déclin important des hardes de caribous (ekwò) de Bathurst et de Bluenose-Est observé au cours des dernières années.

La réduction de la prédation par les loups, alliée aux restrictions continues de la chasse au caribou et aux autres mesures de gestion, peut aider à soutenir l’augmentation des taux de survie du caribou et permettre aux hardes de se renouveler.

En quoi la réduction du nombre de loups peut-elle contribuer au rétablissement du caribou?

La gestion des loups est l’une des nombreuses mesures prises par le GTNO et ses partenaires de cogestion pour favoriser le rétablissement des hardes de caribous.

Lorsque le nombre de caribous est très bas, la réduction du nombre de prédateurs peut contribuer à l’augmentation des taux de survie et au rétablissement du caribou.

La réduction de la prédation par les loups, alliée aux restrictions continues de la chasse au caribou et aux autres mesures de gestion, peut aider à soutenir l’augmentation des taux de survie du caribou et permettre aux hardes de se renouveler. En moyenne, un loup peut manger de 23 à 29 caribous par an à lui tout seul.

Étant donné le faible nombre actuel de caribous de Bathurst et de Bluenose-Est, on croit que la prédation contribue de manière significative à la mortalité des caribous de ces hardes.

Notre approche

L’approche conjointe de gestion des loups (dìga) du GTNO et du gouvernement tłı̨chǫ est axée sur la réduction de leur nombre dans les aires de répartition hivernale du caribou de Bathurst et de Bluenose-Est en offrant un meilleur soutien aux chasseurs et à notre économie traditionnelle.

En 2019-2020, le GTNO a augmenté les primes au titre du Programme amélioré d’encouragement à l’abattage du loup dans le Slave Nord, a éliminé les frais habituellement appliqués aux étiquettes pour la chasse au loup et a offert des ateliers sur la chasse au loup et la préparation des peaux pour encourager davantage les efforts de chasse. Le gouvernement tłı̨chǫ a poursuivi son programme d’abattage du loup pour former des chasseurs aux techniques de chasse respectueuses et à la préparation des peaux.

En collaboration avec le gouvernement du Nunavut, le GTNO offre des primes bonifiées aux chasseurs du Nunavut qui pratiquent la chasse dans leur région traditionnelle située dans la zone visée par des mesures d’encouragement à l’abattage du loup dans le Slave Nord.

Bien que notre objectif soit d’atteindre les cibles d’élimination des loups au moyen de l’abattage en soutenant les chasseurs de loup communautaires, nous envisagerons de les chasser par voie aérienne si lesdites cibles ne sont pas atteintes. En 2019-2020, il a fallu recourir à un projet pilote d’abattage aérien en plus de la chasse au loup sur le terrain, puisque le nombre de loups chassés n’a pas atteint la cible de réduction.

La recherche et le suivi font partie d’une gestion efficace des loups et nous aideront à analyser l’efficacité des mesures prises pour le rétablissement du caribou. Présentement, nous menons une campagne de pose de colliers pour suivre les déplacements des loups et observer leurs interactions avec les hardes de caribous de la toundra. Nous étudions aussi les carcasses des loups abattus dans les aires de répartition hivernale des caribous de Bathurst et de Bluenose-Est pour en savoir plus sur l’alimentation, l’état de santé et l’historique des populations de loups.

Où concentrons-nous nos efforts?

Notre campagne de chasse au loup est concentrée dans les aires de répartition hivernale des caribous de Bathurst et de Bluenose-Est, où ces hardes passent la saison. Ces aires sont englobées dans la zone visée par des mesures d’encouragement à l’abattage du loup dans le Slave Nord (voir carte ci-dessus). Il arrive aussi que la harde de caribous de Beverly, beaucoup plus nombreuse, hiverne dans cette zone.

Combien de loups doivent être éliminés pour donner au caribou les meilleures chances de se rétablir?

L’expérience démontrée ailleurs indique qu’il est nécessaire d’obtenir un taux d’élimination soutenu pour favoriser une augmentation des taux de survie des caribous, alors que les populations de loups peuvent se renouveler rapidement une fois que les mesures de gestion ne sont plus appliquées. Il nous est recommandé d’éliminer de 60 à 80 % des loups dans l’aire de répartition hivernale des hardes de caribous de Bathurst et de Bluenose-Est sur une période de cinq ans.

En 2019-2020, puisque les hardes de caribous de Bathurst et de Bluenose-Est étaient séparées dans leur aire de répartition hivernale et qu’elles se sont peu mélangées, nous avons établi des cibles distinctes pour les loups associés à chaque harde. Ces cibles sont tirées des meilleures données traditionnelles, scientifiques et locales disponibles, soit 73 à 97 loups pour la harde de Bluenose-Est et 29 à 39 loups pour la harde de Bathurst, ce qui correspond à la cible de réduction de 60 à 80 % des loups pour chaque harde.

Ces cibles sont révisées chaque année et peuvent aussi l’être à mesure que de nouveaux renseignements sont disponibles. Actuellement, nous avons peu d’information sur les populations de loups des TNO. Ainsi, notre programme de gestion des loups vise également à mieux comprendre les loups et leurs interactions avec le caribou.

Quels sont les résultats du programme de gestion des loups 2019-2020?

En 2019-2020, les chasseurs des TNO et du Nunavut ont reçu environ 58 400 dollars au titre du Programme amélioré d’encouragement à l’abattage du loup dans le Slave Nord.

Onze colliers émetteurs ont été installés sur les loups en 2019-2020, dont :

  • 4 loups dans l’aire de répartition hivernale du caribou de Bathurst
  • 6 loups dans l’aire de répartition hivernale du caribou de Bluenose-Est
  • 1 loup dans la région où se trouvent des caribous des deux hardes

85 loups ont été éliminés des aires de répartition hivernale du caribou de Bathurst (31) et de Bluenose-Est (54) en 2019-2020 par la chasse ou l’abattage aérien ciblé.

Nous avons atteint l’objectif d’élimination de loups dans l’aire de répartition du caribou de Bathurst, ce qui devrait favoriser le rétablissement des hardes de Bathurst. Nous n’avons pas atteint l’objectif d’élimination de loups dans l’aire de répartition du caribou de Bluenose-Est; la baisse du nombre de prédateurs devrait tout de même favoriser les caribous.

Bathurst :                                                    Bluenose-Est :

31 loups éliminés                                       54 loups éliminés

Cible : 29 à 39 loups                                    Cible : 73 à 97 loups

Quelles mesures sont prises pour gérer les autres facteurs qui influencent les populations de caribous, comme les perturbations de l’habitat?

Les caribous subissent plusieurs pressions dont certaines ne peuvent être contrôlées par l’humain, notamment les rigueurs du climat, les maladies et le manque de nourriture. Les hardes de caribous de la toundra de Bathurst et de Bluenose-Est ont diminué de façon importante au cours des dernières années, en dépit des efforts soutenus fournis pour réduire la pression de la chasse et promouvoir le rétablissement des hardes.

Bien que les perturbations de l’habitat causées par le développement constituent une cause importante du déclin de plusieurs populations de caribous du sud (p. ex. caribou boréal et caribou des montagnes du Sud en Colombie-Britannique), les aires de répartition de la plupart des caribous de la toundra aux TNO sont peu, voire pas du tout touchées par l’activité humaine. Toutefois, on observe le même déclin et les mêmes faibles populations partout dans le Nord.

Chasse

Les restrictions de la chasse pour les hardes de Bathurst et de Bluenose-Est sont établies par les offices des ressources renouvelables. La chasse au caribou de Bathurst est totalement interdite aux TNO depuis 2015. La chasse au caribou de Bluenose-Est est actuellement limitée à 193 mâles adultes. Ces restrictions sont soutenues par nos partenaires de cogestion et nos collectivités, même si elles entraînent des difficultés.

Perturbations

Les perturbations de l’habitat du caribou de la toundra d’origine humaine sont un enjeu important pour les TNO et nos partenaires de cogestion, et nous nous engageons à minimiser les répercussions du développement et à gérer les effets cumulatifs. Les plans d’aménagement du territoire et les plans pour les aires de répartition, comme le Plan pour l’aire de répartition des caribous de Bathurst, aident les organismes de réglementation à atténuer les perturbations que peut subir le caribou. Le solide processus d’évaluation environnementale des TNO est également un outil valable à cet égard.

Conservation de l’habitat

La conservation de l’habitat est l’une des approches mentionnées dans le Plan pour l’aire de répartition des caribous de Bathurst : Taking Care of Caribou – The Cape Bathurst, Bluenose-West and Bluenose-East Barren-ground Caribou Herds Management Plan (Prendre soin du caribou – le Plan de gestion des hardes de caribous de la toundra du cap Bathurst, de Bluenose-Ouest et de Bluenose-Est) et le Programme de rétablissement du caribou de la toundra aux Territoires du Nord-Ouest qui ont été élaborés conjointement avec des partenaires de cogestion autochtones.

Des travaux sont en cours avec les exploitants et les organismes de réglementation pour déterminer les principales aires de répartition hivernale qui peuvent être envisagées pour des mesures de protection contre les incendies, ainsi que les zones importantes à protéger autour des routes migratoires, comme les traverses de cours d’eau et les corridors terrestres. De plus, le GTNO collabore avec les auteurs pour appuyer les pratiques exemplaires visant à atténuer les répercussions des catastrophes naturelles et de l’activité humaine sur le caribou.

Comment saurons-nous si le programme fonctionne?

Il faudra du temps pour juger de la réussite générale du programme de gestion du loup. L’information recueillie auprès des chasseurs et grâce aux colliers émetteurs des loups qui en sont dotés, accompagnée d’analyses scientifiques, nous permettra d’approfondir nos connaissances sur les loups et d’évaluer l’efficacité de ces mesures de gestion au cours des cinq prochaines années.

Ces mesures seront soigneusement examinées chaque année pour savoir si elles doivent être maintenues ou s’il faut adapter notre approche.